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Dans les années 60, j’ai emménagé
avec mes parents au sud de Paris dans une ville nouvelle qui était
à peine finie. À l’époque, les routes
n’étaient pas encore goudronnées et les vastes
zones qui séparaient les bâtiments étaient
encore à l’état de terrains vagues. Pour nous,
enfants, c’était un plaisir de jouer dans ces espaces
informes plantés ça et là d’arbres
aussi jeunes que nous et de patauger dans la boue juste modelée
par les pelleteuses et le passage des bulldozer.
40 ans
après, les jardins d’enfants ont remplacé
les terrain vagues. Ils reproduisent une microsociété
idéale qu’on ne voit plus guère dans les grands
centres. Ils servent de palliatifs ludiques au manque aigu de
liberté et d’aventure dans la ville. Pour les enfants
et leurs parents, ils sont une d’échappatoire au
stress des zones urbaines. C’est peut-être pourquoi
les designers paysagistes qui les conçoivent utilisent
des métaphores qui rappellent le monde de la ferme ou de
la nature.
Il
y a trois sujets incontournables dans ces jardins d’enfants :
les cabanes, les toboggans et les balançoires aux formes
animales. La nuit, ils se transforme en des sortes de zoos imaginaires
(les aires de jeux sont très souvent entourées de
grillages) avec des créatures aux formes arrondies et aux
couleurs vives qui détonnent dans un environnement plutôt
gris, composé d’angles droits et d’arêtes.
C’est une recomposition miniature d’un monde originel,
une maison taille enfant avec autour, les animaux sauvages (nous?),
eux-même encerclés, ceinturés par la jungle
urbaine.
Je
les appréhende comme un photographe animalier ou comme
un géologue qui verrait devant lui la transformation d’un
espace et qui tenterait de fixer sur pellicule cette toute nouvelle
couche de sédiments, peuplée d’une drôle
de faune, avant qu’elle ne disparaisse à son tour,
dernière représentante d’un monde factice
et artificiel.
Dom
Garcia
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Jardin004
- Cabane rouge
5 exemplaires - 50x65cm
© Dom Garcia 2004 |
Enfant006
- Le lapin
5 exemplaires - 50x65cm
© Dom Garcia 2004 |
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